Les Oppida
Du VIème au Ier siècle avant J.C., LES CELTES à CASSIS
La tribu celto-ligure des Salyens dominait le terroir et commerçait, avant l’arrivée des Grecs, avec les Phéniciens.
Pour surveiller l’approche de Cassis et avertir d’incursions, ils ont établi trois sites stratégiques sur les hauteurs :
un habitat (colline de Bois Joli) au-dessus de la voie d’accès vers Marseille et deux oppida, l’un sur la Marcouline (derrière le Gibaù), l’autre sur le Baou Redoun (ou « Couronne de Charlemagne »).
Habitat de Bois Joli La Marcouline Baou Redoun

Depuis la Saoupe, on observe la position des trois sites qui pouvaient communiquer entre eux
La Marcouline Bois Joli Baou redoun

Depuis le col de la Gineste, vue sur le chemin antique vers Cassis par l’actuel tracé de la route (un autre itinéraire passait par Malvallon et GorgeLongue pour atteindre Port-Miou, le port le plus abrité de la côte).
Les trois sites contrôlent l’accès de l’intérieur des terres vers la mer.
L’habitat de Bois Joli

Vue supra vers le littoral
A la cote 292, dominant la petite plaine du Mussuguet, soit un vallon agricole toujours cultivé et doté d’un puits naturel (un aven), ont été découverts sur près de 1.000 mètres carrés quantité de tessons d’amphores provenant d’Italie (Campanie et Etrurie) et du nord de l’Espagne qui témoignent qu’en ce lieu de passage circulaient les marchandises. Aucune tuile ni structure défensive n’a été retrouvée, en revanche le site a fourni tout un lot de monnaies massaliotes. Il ne s’agit donc pas ici d’un oppidum mais, datant d’entre le premier siècle avant et le premier après J.C, d’un habitat temporaire à proximité d’une route commerciale et d’un champ cultivé.

Et ci-contre vers la Gineste

Vue sur la plaine du Mussuguet depuis l'habitat celte

Le socle de l'habitat et vue sur la Sainte Beaume

Tessons des alentours du 1er siècle
L’oppidum de la Marcouline, aussi dénommé Baou Redon
Les opppida sont des ensembles fortifiés d’époque celte. A Cassis ils sont situés sur un éperon barré, c’est-à-dire doté d’un rempart du côté non protégé par la falaise.
Mont Gibal ou Gibaoù Marcouline ou Baoù Redoun


Vue de l’éperon côté Nord
Murs d’enceinte autour du thalweg central


Restes d’un cheminement


De l’oppidum on peut surveiller en direction de La Ciotat et Saint-Cyr, mais également vers Marseilleveyre et Carnoux ainsi que vers Cassis.
Le mur d’enceinte de trois mètres de large et, semble-t-il, de 4 mètres de haut à l’origine, comportait des tours et un avant-mur renforçait la défense au-dessus du fossé en contrebas duquel coule la source de Ratataigne. La céramique trouvée sur place indique une occupation entre les III° et II° siècles –JC. Le site aurait été réoccupé plus tardivement comme l’attestent des tuiles romaines découvertes dans une case.
L’autre Baou Redoun, la « Couronne de Charlemagne »

Le diadème de la falaise, rempart naturel à l’ouest

Vue aérienne des remparts et emplacement de l’entrée

Vers l’est, l’entrée, large de 3 mètres, comportait deux piliers et sans doute une porte en bois.

A l’ouest, la falaise domine la vallée et la baie de Cassis


Seul l’oppidum de la Couronne était connu à l’époque de Saurel, (extrait ci-dessus de sa « Statistique de la Commune de Cassis » en 1857).
Ce sont les fouilles menées dans les années 1980 qui ont permis de découvrir les deux autres sites.
Le rempart de part et d’autre de l’entrée fait 80 mètres de long ; le segment oriental a été détruit sans doute pour construire une ferme en contrebas, le Jas du Président.
L’absence de matériel ne permet pas de dater précisément ce site, le mieux conservé des trois.
Pierre MURAT

