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Les Trémies de la Cacau

Découvrez les anciennes trémies de la Cacau, témoins du passé industriel et de l’exploitation de la pierre à Cassis.


Tout comme, de l’autre côté de Marseille, les carrières de pierre rose de la Couronne furent exploitées depuis l’antiquité (et ce jusqu’au XVIIème siècle), du côté de Cassis tout donne à penser que Grecs et Romains ont exploité le littoral pour sa pierre froide et blanche, si résistante. Reste que la première trace écrite, à propos de la Cacaù, date de 1720 : une carrière créée « pour le compte du Roy » par un « maître pereiron », Jacques Cézard, où œuvraient les bagnards  et qui aura servi à Toulon tant pour les fortifications que pour la construction du bassin de l’Arsenal. S’établit également dans les rocs de la Cacaù la carrière de César Domenge, mais, semble-t-il, avec des ouvriers « peironiers » du cru, solidement encadrés par les règles du compagnonnage.

A force de barre à mine et de poudre noire puis, à la fin du XIXème, de dynamite dont les traces d’explosion en étoile se voient encore sur les parois, ils dégageaient et taillaient de beaux parallélépipèdes comme ceux restés en place ou qu’on aperçoit par le fond qui ont échappé aux manutentionnaires dans les dernières années d’exploitation. On pouvait faire glisser ces blocs équarris le long d’ornières encore visibles d’abord jusqu’aux tartanes puis jusqu’aux barges là où on avait pu créer, en entamant la rive, de grandes terrasses déclives venant presque à fleur d’eau.

       De l’entreprise Veysseire       Déversement sur la barge                                                                                                         

Et c’est cet usage que Solvay reprendra à échelle industrielle à partir de 1907 dans la calanque de Port-Miou.

 

Une concurrence qui fit progressivement abandonner l’exploitation de la Cacaù et déserter les deux maisons de carriers sises, l’une sur l’échine de la colline, l’autre vers la pointe au bord de mer, et toutes deux ruinées. L’endroit, encore largement dégarni de végétation, devint un objet de promenade pour les « excursionnistes « buveurs d’air ».


En tenue de plein-air, ces dames arpentent les éboulis au pied du cabanon de la Douane


Menaçant également ruine sous l’effet de l’érosion marine, les trémies avaient besoin d’être consolidées, voire restaurées pour continuer à témoigner de tout un passé de labeur et de technique.


Le Parc National des Calanques, la ville de Cassis, le Conservatoire du littoral et Alpes de Lumière (doté de spécialistes en la matière) se sont donc associés et ont bénéficié du mécénat de l’architecte Rudy Ricciotti pour ce travail complexe. Il a été l’occasion de redécouvrir une technique antique — du mortier de chaux mêlé à l’eau de mer — qui a permis de remettre en état ces édifices parfois proches de l’effondrement tout en conservant les fissures qu’habitent des espèces protégées comme les gekkos. Ainsi se trouvent préservés patrimoine architectural, mémoire industrielle et nature.

D’aucuns trouveront sans doute discutable la couleur sable orangé dont les trémies se trouvent désormais revêtues…

…. en les comparant à la blancheur éblouissante dont témoignent les photos des années fin 60 - début 70 où les paléontologues E. Bonifay et J. Courtin plongeaient depuis l’Archéonaute à la découverte de la grotte dont le porche s’ouvre à 10 mètres sous la trémie centrale.


Sur ce socle urgonien du Crétacé inférieur (au moins 120 millions d’années) s’étagent ainsi un site du Paléolithique ancien (-500.000 ans) doté d’un  habitat humain au Paléolithique moyen (- 300.000 ans), des carrières du XVIIIème siècle, une batterie installée sur ordre de Bonaparte pour défendre Port-Miou, des trémies du XIXème, des bunkers de la Seconde Guerre et un souci de conservation propre au XXIème qui recourt à des techniques remontant aux Romains !

Décidément la Cacaù, Cap Caù, cette « Pointe Chauve », est riche d’histoire.

 

A voir : https://www.youtube.com/watch?v=LUyVl8dbyxE

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et les explications du géologue Jean Philip sur :

http://mdp.cerege.fr/cassis.php

Pierre MURAT


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