« LE PRIEURE »

Une Maison  de  Maître inscrite au patrimoine de Cassis

Elle est située dans un enclos au 18 rue de La Ciotat, entre cette rue et le « vallat de La Rostagne ». Seul, son nom sur le portail en bois de l’entrée et son toit en pavillon 4 pans en tuiles plates vernissées et en forme d’écailles multicolores (bleu marine et jaune) la font remarquer.

Il s’agit d’un édifice rectangulaire prolongé par un grand avant-corps flanqué de deux tours carrées ouvertes sur une petite terrasse et, au sud, par un avant-corps semi-circulaire. Les garde-corps sont en fer forgé.

La couverture est constituée d’un toit à deux pentes en tuile ronde, génoise à deux rangs dont un inversé, toit terrasse et toit en pavillon quatre pans.

Cette maison de maître, acquise par la SCI GIRAUD en 1934 au patronage de la Sainte TRINITE, s’appelait autrefois «  VERSAILLES ».

La toiture a été refaite à l’identique et vernissée dans les années 1950/1960 par M° Henri VIDAL, notaire à Cassis. (Une des plus vieilles  études notariales de France dans la même famille, toujours en activité).

L’histoire de ce bâtiment va de pair avec l’histoire de l’Hospice de Cassis.

En 03/1381, un généreux cassiden Etienne MARTIN lègue à la confrérie de SAINT ESPRIT, association mi-laïque, mi-religieuse, une maison dont les revenus devront être employés au soulagement des malades nécessiteux et pauvres du pays.

En 1601, l’immeuble fut vendu et l’hôpital transféré dans une grande bâtisse avec terrain adjacent, rue de Marseille, aujourd’hui rue Emmanuel AGOSTINI (à l’emplacement de la maison de retraite).

En 1720, lors de la grande épidémie de peste, une dame patronnesse de l’hôpital – hospice, Thérèse RASTIT, se dévoua admirablement et mourut victime de sa charité, atteinte par le fléau, à l’âge de 32 ans. Une rue du centre ancien porte son nom.

Avant 1852, les soins à donner aux hospitalisés, l’entretien des locaux, la cuisine étaient confiés à des « femmes de ménage », des dames de la bourgeoisie ne craignant pas de venir, de temps en temps, donner un coup de main.

Si l’hôpital – hospice a pu survivre, c’est grâce aux dons privés de charitables Cassidens.

PRIEURE 4_edited.jpg

L’ancienne salle du conseil avec les portraits des généreux donateurs  (cette collection de tableaux est aujourd’hui inscrite à l’inventaire du musée)

Par la suite (1852), trois sœurs Trinitaires sont affectées à l’établissement et ne le quitteront qu’en 1958. Assurant la cuisine, les tâches ménagères, les soins aux résidents et même aux Cassidens … hors hospice.

Le PRIEURE, alors « VERSAILLES », donnait asile aux dames Trinitaires lorsqu’elles se sont établies à Cassis suite à un testament en date du 05/12/1855.

Cette maison a été très liée à la proprièté de la « FOUNT de MERET » ou aussi « FOUNT du MELLET »,      Av. Pierre IMBERT, aujourd’hui propriété de la famille Paret (vignoble de la Ferme Blanche).

 

Ces deux propriétés appartenaient aux familles MOREAU de CHAMPLOIS / de LAMARILLIERE.

Louise Félicité LAMARILLIERE (veuve de CHAMPLOIS Pierre Louis MOREAU) est décédée  à Cassis le 07/02/1808. Nous avons retrouvé  deux enfants :

  • Aimé Etienne Mars de CHAMPLOIS né à Cassis le 20/02/1772 et décédé le 19/02/1791 à PORT au PRINCE (St Domingue). Il était sous-lieutenant au régiment de Port au Prince à St Domingue.

 

  • Marie Françoise Alexandrine de CHAMPLOIS née à Cassis le 20/02/1776 et décédée le 10/05/1856 à Cassis.

 

Cliquez sur l'image pour lire

PRIEURE 6BIS_edited.jpg

Cette dernière avait recueilli en bas âge une « gosse » Félicité DURAND d’une famille de saltimbanques de passage à Cassis, qui a joui de l’hospitalité du « VERSAILLES » jusqu’à la fin de ses jours, décédée à Cassis le 7 octobre 1867.

 

Marie Françoise Alexandrine de CHAMPLOIS avait pris soin de continuer son œuvre de charité en donnant par testament en date du 05/12/1855 aux dames Trinitaires sa maison pour qu’elles s’établissent à Cassis.

 

 

C’est aussi l’occasion de parler de :

- La mine d’eau qui existe dans la propriété et surtout sous l’ancienne bâtisse. Mines d’eau qui constituent un véritable patrimoine cassiden compte-tenu de l’importance de l’eau dans les temps reculés.

L’entrée de la mine d’eau avec le bassin à son pied

- Et de la chapelle, récemment restaurée, ci-contre

Pierre MURAT

Suite de l'exposition
images+%282%29.jpg