Mise à jour 14 novembre 2019   

Les Drailles de la Mémoire Cassis

Les Drailles de la Mémoire Cassis

 

Trois grands marinistes à Cassis

 
 Joseph Garibaldi  (Marseille 1863-Marseille 1941)

Elève d’Antoine Vollon, Garibaldi a consacré son art à la représentation du Vieux-Port de Marseille, aux différents gréements qui l’animent et aux effets lumineux sur son plan d’eau, puis, passée la Grande Guerre, les grandes étendues des marais de Fos et le pays vauclusien retiendront son attention.

 

De 1882 à 1899, s’attardant sur les traces de Ponson et peignant parfois sous les mêmes angles que lui, c’est Cassis qu’il fréquente assidûment, tantôt traversant la Gineste pour s’y rendre, tantôt hébergé continûment chez l’habitant comme en 1893, année la plus fructueuse en œuvres accomplies où éclate un bleu limpide.

 

Il devait y être attiré par la présence d’amis comme Marius Guindon (1831–1918), ultime élève de Loubon et professeur aux Beaux–arts, qui fondera en 1910 le musée local, et Edouard Crémieux (1856–1944), lui–même élève de Guindon et qui côtoyait Garibaldi à l’Association des Artistes Marseillais. Mais c’est surtout au charme d’un port hors du temps que l’on doit ces retours fréquents sur le motif.

 

Il ne s’aventure pas comme Ponson jusqu’au pied du Cap pour en saisir les amas de roches rousses et brunes, il ne va pas au–delà de Port–Miou et ignore les équipées dans les calanques qu’affrontera plus tard Olive. Il s’agit essentiellement pour lui, dans le cadre d’un plan d’eau où jouent sous la lumière matinale les reflets des voiles et des façades, de circuler de quai en quai pour varier ses vues : juxtaposés, ses tableaux finissent par donner une vue complète du port.

 

Plus cependant que l’aspect documentaire sur la vie d’un village de pêcheurs ou le type d’embarcations qui le fréquentent, c’est le jeu sur le cadrage, la géométrie de la composition et son alliance avec les effets colorés qui visiblement le séduisent. Et plus que Bandol, Sanary ou les Lecques qui restent ouverts sur le large, c’est la clôture sur lui–même du port de Cassis et jusque par ce Cap qui en barre l’horizon qui satisfait un peintre épris de douceur et d’abri rassurant.

 

Ses tableaux sont ici classés par ordre chronologique.

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Expositions :

« Les terres marines de Joseph Garibaldi », Musée de Cassis 2006 

« Garibaldi, le Midi paisible », Regards de Provence 2012

 

Bibliographie : Pierre Murat, « Joseph Garibaldi », catalogue raisonné, Regards de Provence, 2012

 
 Raphaël Ponson  (Solliès-Pont 1835-Marseille 1904)

Elève de Loubon qui l’initie à la peinture de plein-air, Ponson s’installe à Marseille en 1856. Les commandes officielles assurent son succès mais plus encore ses vues du littoral dont il se fait une spécialité ; il répond ainsi à la demande d’une clientèle bourgeoise qui aime retrouver sur ses murs ses lieux d’excursions dominicales.

 

 

A ce titre le port de Cassis et les calanques les plus accessibles, Port-Miou et Sormiou, deviennent ses sujets de prédilection de 1865 à 1895. Inventeur des calanques en peinture, tantôt les laissant à leur rudesse minérale, tantôt en apprivoisant la sauvage splendeur par quelques personnages typiques, il joue sur la transparence des eaux et la réverbération des parois de calcaire.

 

 

Très peu de ses tableaux sont datés ; ils sont ici classés en se fiant à l’évolution de sa manière : d’une relative raideur à ses débuts, le peintre passe par un goût marqué pour l’emphase et le sublime dans de grands formats destinés aux Salons, pour atteindre à une facture libre sur des sujets qui n’ont plus rien de conventionnel et sont dépourvus d’anecdote : criques et pans de roches maçonnés à coups de couteau dans des pochades enlevées sur le motif.

 

NB : Depuis 1910, une rue porte à Cassis son nom, derrière le Musée

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Expositions :

« Cassis dans la lumière de Raphaël Ponson », Musée de Cassis 2011

« Douceur et lumière de Raphaël Ponson », Regards de Provence, Marseille, 20 mars-28 août 2016

Bibliographie : Alexis Pentcheff, « Raphaël Ponson », Horizon 2008.

 
 Jean-Baptiste Olive  (Marseille 1848-Paris 1936)

Elève de Vollon dont il s’inspire pour ses natures mortes, et de Cornellier, son autre maître, pour les marines, Olive se spécialise dans les sujets qui font son succès : vues de Venise, innombrables vues du Vieux-Port aux eaux rutilantes et de la Corniche aux eaux le plus souvent tempétueuses, mais aussi falaises de Saint-Cyr et découverte de Cassis et de ses alentours, notamment En Vau où il est à la fin des années 20 le premier à s’aventurer.

 

A partir de dessins et esquisses sur le motif qui forment sa « bibliothèque », c’est dans son atelier parisien qu’il les développe en compositions plus ou moins amples selon les besoins de la clientèle.

 

Epris d’intensité chromatique et parfois jusqu’au chromo, sa facture évolue en même temps que ses sujets : plus d’anecdote pittoresque, seulement le tohu-bohu de vagues se fracassant sur les rochers. Ainsi passe-t-on des miroitements encore impressionnistes sur le port aux vues tardives sur la côte où se libère toute l’énergie du pinceau et du couteau dans un magma de couleurs.

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"Port de Cassis 1928"  : vue extraite du catalogue Baille

"En Vau 1925" : vue extraite du catalogue Gamet 

"En Vau 1927" : vue extraite du catalogue Gamet

 

Expositions :

 

« Jean-Baptiste Olive, Prisme de lumière », Regards de Provence 2008

Catalogue raisonné par Magali Raynaud et Franck Baille

 

Bibliographie:

Jean-Claude et Gérard Gamet, "J.B. Olive, sa vie, son oeuvre" , 1977, Editions Frébert

 

 

 

Nos remerciements aux galeries Marina à Cassis et Pentcheff à Marseille