Jerome Hill, un Américain esthète et mécène

 

Portrait de Jerome Hill en 1934 par sa protégée Jeanne Daour.

Jerome Hill cinéaste d’avant-garde et peintre

Jerome Hill (Minnesota, 1905 – New-York, 1972), petit-fils d’un riche industriel constructeur de chemins de fer et fils d’un peintre amateur, obtient à Yale une licence en composition musicale.

 

Il dévore les écrits sur la peinture post-impressionniste de Roger Fry, voyage en Europe à Rome où il retournera chaque printemps et Paris où il rencontre Friesz qui lui vante les beautés de Cassis.

 

En 1939 il acquiert les anciennes propriétés de Madge Oliver,  « La Batterie » et « Pierrefroide ». Pendant la guerre, il est lieutenant de l’US Air Force ; polyglotte et parlant même plus couramment le français que l’anglais, il devient officier de liaison avec l’armée de l’air française reconstituée. A son retour à Cassis, il retrouve sa propriété à peu près en état.

En octobre 1947 il dessine un projet d’aménagement du site qui comprend un court de tennis

En place du tennis, pour offrir à ses amis artistes une scène et ouvrir le site au public, il édifie un théâtre à la grecque.

 

 

Outre les « happenings » du Living Theater, y paraîtront nombre d’acteurs célèbres (ci-contre « Andromaque » en 1957 avec Alain Cuny et Sylvia Monfort).

Entre 1947 et 49, le projet est modifié : il agrandit le cabanon pour en faire sa demeure pourvue d’un immense salon de musique  et fait construire deux étages à « La Lèque » pour son partenaire, le comédien Charles Rydell.

Dès 1939 il héberge régulièrement une jeune Roumaine, violoniste et peintre qu’il  avait connue à Paris et dont il admire le talent, Jeanne Daour. Elle souffrait de troubles psychiques, il la soutint jusqu’à la fin de ses jours

           La Batterie                           Le théâtre grec                     La Lèque                       Le Panorama                              Pierrefroide

Google 2018

A gauche, en haut , le Panorama d’origine avec son fronton et en dessous le Panorama actuel avec ses extensions latérales.

 

A droite, vue actuelle de face et Pierrefroide de l’intérieur

 A gauche le cabanon intégré à la Batterie et, à droite, la bibliothèque du Panorama

 

 

 

Ci-dessous, La Batterie peinte par Jerome Hill et vue actuelle © Viviana Peretti

La vocation culturelle de la Fondation Camargo

Après avoir en 1964 fondé l’Avon Foundation aux Etats-Unis pour soutenir le développement de nouvelles formes artistiques, à Cassis en 1967 Jerome Hill crée la Fondation Camargo, héritière de ses collections d’art  et de sa bibliothèque et dont le nom évoque la danseuse la plus célèbre au temps de Voltaire. Grâce à des bourses résidentielles, poursuivant les buts que lui avait assignés son fondateur, elle permet à des artistes et intellectuels de toutes nationalités de poursuivre et affiner leurs travaux. Depuis lors, un appel à candidature est lancé pour sélectionner — cette année parmi 1.000 postulants —18 résidents (ou « fellows ») qui séjournent de 8 à 11 semaines et présentent à l’issue de leur séjour le résultat de leurs recherches pluridisciplinaires.

 

Parallèlement, la Fondation accueille des événements majeurs comme le « Printemps du Livre » qui fêtera son 25ème anniversaire, en 2020.

La Fondation a reçu du Ministère de la Culture en décembre 2018 le label

« Maisons des Illustres ».